Les deux ovninautes sont stupéfaits et très heureux de constater que leur aspect physique ressemble fortement
à celui des Terriens, si bien qu'ils ne doivent même pas se déguiser pour se mêler à eux.
Par contre, quand les espions du monde
entier comprennent qu'ils devront se promener tout nus et sans armes, cela les rend un peu nerveux...
Pendant que les voyageurs de l’espace décidaient de s’aventurer tout nu et sans armes parmi les hommes,
la plupart de ces hommes discutaient du même sujet.
Un sujet gênant, des dialogues difficiles. Chez les Américains aussi, les émotions éclataient.
A l’abri de leur bâche, Buck et Chuck maugréaient.
‘Si tu crois que je vais leur montrer ma bite!’ a murmuré Chuck.
‘Certainement,’ a murmuré Buck. ‘D’ailleurs, eux, ils te montreront les leurs dans toute leur gloire!
Enlève ta veste et ton pantalon. Immédiatement. C’est un ordre!’
‘Je démissionne! Enferme-moi derrière les barreaux si tu veux! Un agent secret à poil, c’est malsain. Je rentre à la maison!’
‘Démission rejetée. Et si tu n’enlèves pas tout de suite ta veste et ton pantalon, je le fais à ta place, compris?’
Chuck savait que Buck le ferait. Il ne connaissait que trop bien son ami et collègue.
Lentement, comme il se doit pour un strip-tease, et à contrecoeur, il a commencé à l’exécution de l’ordre.
‘Pour toi ce n’est pas difficile de te balader à poil,’ a-t-il rechigné.
‘Tu es tellement poilu qu’il est difficile de parler de nudité quand tu as tout enlevé.
Tu es littéralement à poil! On dirait un buisson. Je suis sûr qu’à l’armée tu n’as jamais mis ta veste de camouflage.
Tu n’avais qu’à te déshabiller et tout le monde te prenait pour un buisson.
Tandis que moi… même un ver solitaire est encore plus poilu!’
‘Tu as une touffe abondante sur la tête,’ a dit Buck. ‘Bon, tu es prêt, oui?’
‘Je suis comme une asperge qui porte une perruque,’ a rouspété Chuck.
‘Une asperge bien bronzée, alors.’ Buck a voulu ouvrir la tente.
Chuck l’en a retenu. ‘D’abord tu enlèves ta gaine,’ a-t-il dit.
‘Quoi? Tu es fou? Un agent secret sans armes, c’est comme un cirque sans clown!’
‘Moi je sais qui aura l’air d’un clown s’il se balade dans un camping naturiste avec son flingue,’ a chuchoté Chuck.
‘Personne ne le remarquera! Mes poils couvrent ma gaine entière.’
‘Tu as vu la patronne?
Nos supérieurs sont faciles à détourner, mais je ne pense pas que la patronne tolérerait une paire de cow-boys armés dans son camping.
Elle nous jetterait hors du terrain sur-le-champ. Son nom n’est pas pour rien ‘La Gaillarde’.
Souviens-toi de cela.
Et d’ailleurs, si tu veux que ce Geluck comprenne tout de suite qui nous sommes, dans ce cas, oui, mets ta gaine.’
Même un agent secret pas trop zélé comme Buck a compris cette explication.
‘Tous les autres agents secrets laisseront également leurs pétards à la maison,’ a continué Chuck.
‘And, old chap… don’t forget… Don’t take your guns to town, son, leave your guns at home, son… Don’t take your guns to town.’
‘All right, Johnny Cash, all right. You won.’
Les deux Américains étaient sortis de leur tente.
L’un désorienté, dépaysé, mal dans sa peau à cause de l’absence de ses révolvers,
l’autre rougissant et timide à cause la présence de son zizi tout nu
(pudiquement couvert par sa main). Chacun d’eux tenait une cruche dans les mains, qu’ils prétendaient vouloir remplir d’eau.
‘Et ouvre grands les yeux. Même tes yeux de perdrix,’ a dit Buck. ‘C’est toi qui as la photo de Claude Geluck.
Si tu le vois, dis-le tout de suite.’
Les two american guys faisaient leurs premiers pas dans le vaste monde du naturisme.
Comment les espions de toutes ces nationalités se regarderont-ils dans leur nudité?
Se reconnaîtront-ils? Et les extra-terrestres, seront-ils remarqués?